Un jour pour Yachvili ; “Sud Ouest” du 28 juin 2008
AUSTRALIE - FRANCE. –Pour le Biarrot, titulaire à la mêlée, ce sera
le match de la rédemption après une fin de saison ratée
Un jour pour Yachvili
Pénible
saison pour Dimitri Yachvili. Sur les terrains du Top 14, comme ses coéquipiers
du Biarritz Olympique, le demi de mêlée international a connu des passages à
vide, des rhumes de printemps et des trous d’air. Des minutes où tout part à
vau-l’eau, des secondes où rien ne va plus, comme lors cette défaite à Dax
(17-12) au mois de mai. « C’est là qu’on était au plus bas », reconnaît le
numéro 9 des Bleus.
Six
défaites lors des huit dernières journées, une décevante sixième place et
l’ombre de Yachvili errant sur le terrain. Une fin de saison catastrophique ? «
Non, il faut relativiser. Je n’ai pas tout perdu en quelques semaines », se
défend le natif de Brive. Et c’est bien ce que suppose Marc Lièvremont.
Session
de rattrapage. Alors qu’il comptait « la forme du moment » parmi les facteurs
déterminants, à l’heure de dresser sa liste pour la tournée australienne, le
sélectionneur a fait une exception notable pour Dimitri Yachvili. Un joueur
pour lequel il n’a jamais caché son intérêt et son affection. « Nous avions
envie de lui donner cette chance, de lui faire confiance même s’il traverse une
période un peu difficile », avait dit Marc Lièvremont à Toulouse, le 9 juin
dernier, pour justifier la présence de Yachvili dans le vol 2008 pour Sydney.
« C’est une
marque de confiance que j’apprécie. C’est à moi, maintenant, de prouver qu’il a
bien fait, de faire en sorte qu’il n’ait aucun regret », a répondu l’intéressé,
cette semaine dans la cité australienne, après avoir appris sa titularisation
pour le premier test-match. C’est un jour pour lui, une session de rattrapage à
« On finit
cette saison un peu « hachés ». C’est une bouffée d’oxygène après tout ce qu’on
a connu ». Associé à l’ouvreur berjallien Benjamin Boyet, avec lequel il a déjà
joué un bout de match international il y a deux ans et qu’il juge « expérimenté
», Dimitri Yachvili ne jouera probablement pas dans un fauteuil.
Même si le
pack australien, sérieusement secoué il y a quinze jours par les avants
irlandais (18-12), est présumé faible, les Bleus-Light de cette tournée ne sont
a priori qu’un gibier dans l’enceinte de l’ANZ Stadium. Et le 9 le plus observé
au coup d’envoi, ce sera Luke Burgess. Prodige de 24 ans et héros des Waratahs
dans le Super 14, il est depuis les débuts du sélectionneur Robbie Deans le
demi de mêlée titulaire des « Green and gold ».
« Un très
bon joueur, qui porte beaucoup le ballon », estime Dimitri Yachvili, 27 ans, 36
sélections et encore un avenir à construire. « L’équipe de France, c’est un
objectif de carrière », rappelle-t-il. Couturier d’un patchwork de jeunes
vieux, de vieux jeunes et de jeunes jeunes, de briscards qui saisissent un «
bâton de maréchal » et d’ambitieux qui comptent déjà les jours avant 2011,
Dimitri Yachvili a 80 minutes devant lui et un stade olympique tout entier à sa
disposition. Pour montrer que, non, il n’a pas « tout perdu en quelques semaines
».
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:Nicolas Espitalier
envoyé spécial |





