Après la double défaite…
ÉQUIPE DE FRANCE. –Après une double défaite contre les
Wallabies (34-13 à Sydney, 40-10 à Brisbane), le groupe France de ce mois de
juin 2008 rentre aujourd’hui. Bilan humain de cette tournée à part
Bulletin de
voyage
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:Nicolas Espitalier envoyé spécial |
«On
voulait positiver cette tournée, alors on la positive jusqu’au bout »,
soufflait le sélectionneur du XV de France, Marc Lièvremont, samedi dans les
vestiaires du Suncorp Stadium de Brisbane. Comment positiver après avoir subi
deux défaites record contre l’Australie (34-13 à Sydney, 40-10 à Brisbane), en
ayant encaissé huit essais et deux leçons de réalisme ?
Hors du
terrain, en faisant de ce fiasco un précédent, pour éviter qu’une telle
situation _ saison de douze mois, doublon entre tournée et championnat _ ne se
reproduise (lire Sud Ouest Dimanche d’hier). Sur le terrain, en cherchant des
satisfactions individuelles. Le voyage en Australie aura servi à tester une
deuxième fournée dans la vaste revue d’effectif initiée par le nouveau
sélectionneur des Bleus. Il avait vu 34 joueurs sur le Tournoi, dont treize
jamais capés auparavant. Entre Sydney et Brisbane, il vient d’en tester 19 de
plus, dont douze nouveaux. Petit bilan humain.
1 Ceux qui ont marqué des points
Sébastien
Chabal, appliqué à l’entraînement, courageux sur le terrain, est revenu dans le
jeu. Oublié du Tournoi après avoir été le héros médiatique de la Coupe du
monde, le joueur de Sale a visiblement convaincu Marc Lièvremont.
Petit
prince de Sydney puis fantôme de Brisbane, l’ailier briviste Alexis Palisson
(20 ans) s’est fait un nom sur la scène internationale. On le reverra en Bleu
si les petits cochons de Corrèze ne le mangent pas.
Sébastien
Tillous-Borde, le Béarnais du Castres Olympique, a montré un beau tempérament
et rentrera sans doute dans les futurs plans du staff tricolore pour peu qu’il
enrichisse son registre de jeu. Sans tout casser, Matthieu Lièvremont a fait le
métier en troisième ligne. Sera-ce suffisant dans un secteur où la France vit
une situation d’abondance ?
Au pays des
piliers, où l’on croyait la densité au kilomètre carré équivalente à celle du
grand désert australien, ceux qui ont joué cette quinzaine ont pris date.
Renaud Boyoud et Benoît Lecouls « à moyen terme », pour reprendre l’expression
de l’entraîneur des avants Didier Retière, et Pierre Correia à plus long terme.
Dans un
univers beaucoup plus concurrentiel, certains des arrières testés sur cette
tournée devraient postuler pour un retour en Bleu lorsque le bataillon de
Clermontois, de Toulousains et de Parisiens leur en laissera la place. Thibault
Lacroix et Benjamin Thiéry ne se sont pas troués. Malgré son absence de
vigilance sur l’essai de Hynes, David Janin, 31 ans, a pris du temps de jeu
sans perdre la face.
2 Ceux qui restent des cadres
François
Trinh-Duc n’est pas pour rien dans « le jeu au pied catastrophique » et « le
manque d’alternance » du XV de France samedi soir à Brisbane. Pour autant, il a
confirmé sa place de cadre dans la nouvelle génération bleue. Même si Marc
Lièvremont rappelle qu’il n’a pas encore vu Beauxis et Michalak à l’oeuvre
depuis son arrivée.
Le capitaine
Lionel Nallet était au bout du rouleau avant-hier, mais il reste un leader
naturel aux yeux du staff. Fulgence Ouedraogo, Louis Picamoles, Lionel Faure
malgré son forfait pour la deuxième semaine, Imanol Harinordoquy ou Sébastien
Bruno n’ont pas dit leurs derniers mots bleus, eux non plus.
3 Ceux qui ont perdu des points
Damien
Traille, crédité d’un match très en dessous de son niveau à Sydney, était dans
les tribunes à Brisbane. « On connaît ses qualités », ont répété les coaches.
Mais le centre biarrot a peut-être perdu de son aura, alors qu’il était censé
être un guide dans des lignes arrières composées de débutants.
Benjamin
Boyet a déçu lors de son premier match à l’ouverture et s’est trouvé écarté lui
aussi, jusqu’à ce qu’une blessure de Couzinet le ramène sur la feuille de
match. Il s’est montré un peu plus à son aise lors du second test, où il est
entré en fin de rencontre, mais il souffrira certainement de la concurrence à
son poste.
4 Ceux qui n’ont pas eu le temps
L’arrière
Pepito Elhorga, le deuxième ligne David Couzinet, le centre Maxime Mermoz,
l’ailier Jean-Baptiste Peyras, le flanker Yannick Caballero, le talonneur
Benjamin Kayser ont eu peu de temps pour s’exprimer, que ce soit pour cause de
blessure, de choix de l’entraîneur ou de circonstances de jeu. Si Elhorga était
un revenant, qui a abordé cette tournée avec la sagesse de celui qui vit une
deuxième chance, les autres étaient des nouveaux-venus. Ils ne se sont pas
grillés en Australie, mais n’ont pas eu l’heure d’y briller. Revenir leur sera
difficile dans l’immédiat.
5 Dimitri Yachvili : le cas à part
Le cas
de Dimitri Yachvili est assez particulier. Plutôt satisfait de sa prestation au
parc olympique de Sydney, il a tout de même dû céder sa place à Sébastien
Tillous-Borde et n’est entré que quelques minutes à Brisbane, le temps de
passer une transformation. Conservera-t-il la confiance de Marc Lièvremont ?





